Call for European Union to break with Iran Reporters Without Borders (http://www.rsf.fr/) IRAN Call for European Union to break with Iran over journalist's death Reporters Without Borders called on the European Union today to break off the "constructive dialogue" it has conducted with Iran since 1998 until officials responsible for the death of Canadian-Iranian photographer Zahra Kazemi earlier this month had been brought to trial. It said it was "unthinkable" that such talks could continue while such a serious crime remained unpunished. It also called on the EU to back Canadian efforts to have Kazemi's body returned to Canada and for an international commission of enquiry to be set up. The appeal to the EU was made in a letter to the current EU Commission president, Italian prime minister Silvio Berlusconi, to EU external relations commissioner Chris Patten and to Javier Solana, the EU high representative for common foreign and security policy. After official attempts to cover up the cause of Kazemi's death, Iranian Vice-President Mohamed Ali Abtahi publicly admitted on 16 July that she had been "beaten." An autopsy and a government commission set up by President Mohammad Khatami was not able to provide full details and the origin of the skull fracture that caused her death remains a mystery. For the past week, Iranian legal officials have strongly opposed further investigation. Kazemi was hastily buried on 22 July in the southern town of Chiraz, making a new autopsy by independent experts more difficult. Canada has repeatedly asked for the body to be repatriated. The case file was handed over on 23 July to a military prosecutor by the hardline Teheran prosecutor Said Mortazavi, who some accuse of being directly responsible for Kazemi's death. He said errors may have been committed by the intelligence services or security forces but definitely not by his department. The government commission of enquiry said Mortazavi had personally attended the interrogation of Kazemi shortly after she was arrested. With the military now in charge of the case, any trial will be held in secret without independent observers and without any guarantee of neutrality or impartiality. Kazemi is thought to have been arrested on 23 July as she took photos of Evin prison, in northern Teheran. She was then reportedly beaten and died of her injuries on 11 July. A total of 23 journalists are currently imprisoned in Iran, making it the biggest jail for journalists in the Middle East. Thirteen of them are believed to be held by Mortazavi's department and by the Guardians of the Revolution, in the same place where Kazemi was interrogated. They are not allowed visits from family or lawyers and are held in very bad conditions. Reporters Without Borders is very worried about their plight. Their families have written to President Khatami saying they have been physically and psychologically tortured. -- ++++++++++++++++++++++++++++++++++++ IRAN - 25/07/03 - Affaire Zahra Kazemi Reporters sans frontières demande à l'Union européenne de prendre des mesures Dans un courrier adressé, le 25 juillet 2003, au président de l'Union européenne, Silvio Berlusconi, au commissaire européen chargé des Relations extérieures, Chris Patten, et au Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, Reporters sans frontières a solennellement demandé à l'Union européenne de suspendre le "dialogue constructif" mené avec l'Iran depuis 1998, tant que les responsables de la mort de la photographe Zahra Kazemi ne seront pas traduits en justice. Il paraît impensable que des négociations entre l'Iran et l'Union européenne se poursuivent alors qu'une affaire de cette gravité n'est pas élucidée. Reporters sans frontières a également exhorté l'Union européenne à soutenir le Canada dans ses efforts pour obtenir le rapatriement du corps de Mme Kazemi au Canada et mettre en place une commission d'enquête internationale. Après avoir tenté de dissimuler les causes de la mort de la journaliste, les autorités iraniennes ont reconnu, le 16 juillet 2003, par la voix du vice-président, M. Ali Abtahi, qu'elle avait été "battue". Une autopsie et une enquête réalisées par une commission gouvernementale, mise en place par le président Mohammmad Khatami, n'ont pas été en mesure de fournir les explications escomptées. La cause de la "fracture du crâne" qui a entraîné la mort de Mme Kazemi demeure inconnue. Depuis cinq jours, les instances judiciaires iraniennes font résolument obstacle à la poursuite de l'enquête. Le corps de Zahra Kazemi a été inhumé dans la précipitation, le 22 juillet 2003, à Chiraz (sud du pays), rendant plus difficile une nouvelle autopsie, qui devrait impérativement être réalisée par des experts indépendants. Pourtant, les autorités canadiennes n'ont eu de cesse, depuis l'annonce de la mort de Zahra Kazemi, de demander le rapatriement de son corps au Canada. En outre, le dossier a été confié, le 23 juillet 2003, au parquet militaire par le procureur général et révolutionnaire de Téhéran, Saïd Mortazavi. Ce dernier, accusé par certains d'avoir une responsabilité directe dans la mort de la journaliste, s'est dessaisi de l'affaire. Il a expliqué que, si une faute avait été commise, elle l'aurait été par les services des renseignements ou les forces de sécurité mais en aucun cas par ses propres services. La commission d'enquête gouvernementale avait établi que Saïd Mortazavi avait personnellement assisté à l'interrogatoire de Mme Kazemi durant les premières heures de sa détention. Le parquet militaire étant désormais chargé du dossier, si un procès devait avoir lieu, il se tiendrait à huis clos, sans aucun observateur indépendant et sans aucune garantie de neutralité et d'impartialité. Zahra Kazemi aurait été interpellée le 23 juin 2003 alors qu'elle photographiait la prison d'Evine, au nord de Téhéran. Elle aurait été battue et serait décédée des suites de ses blessures le 11 juillet. Selon Reporters sans frontières, vingt-trois journalistes sont emprisonnés à ce jour en Iran. Ce triste record fait de la république islamique d'Iran la plus grande prison pour les journalistes au Moyen-Orient. D'après les informations recueillies par Reporters sans frontières, treize d'entre eux sont toujours détenus par les services du procureur général de Téhéran, Saïd Mortazavi, et par les Gardiens de la Révolution dans les mêmes locaux où Zahra Kazemi avait été interrogée. Ces prisonniers sont privés de tous leurs droits (visite de leur avocat et de leur famille) et sont maintenus dans des conditions déplorables. L'organisation est très inquiète de leur sort d'autant que leurs familles ont fait état dans une lettre au président Mohammad Khatami de tortures physiques et psychologiques. Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org) Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk Reporters sans frontières / Reporters Without Borders 5, rue Geoffroy-Marie 75009 Paris - FRANCE Tél. (33) 1 44 83 84 84 Fax. (33) 1 45 23 11 51