Reporters Without Borders - 6 December 2002 (la version française suit) http://www.rsf.fr/ IRAN Hardliners step up control of Internet Reporters Without Borders expressed concern today at the setting up of a commission dominated by religious hardliners to monitor Internet news websites considered "illegal." Some of its members were officials of the ministry of intelligence, it noted. Regime conservatives have kept the Internet and its freedom of expression under attack for nearly three years now. The latest measure is aimed at news sites that are thriving because of the closure of reformist newspapers. At least 90 papers, half of them dailies, have been shut down since April 2000. The new commission, which includes officials of the culture and intelligence ministries and the state broadcasting company, is to supply a list of "illegal" websites to the posts and telecommunications ministry. It was set up at a recent meeting of the Supreme Council of the Cultural Revolution, headed by the all-powerful head of the judiciary, Mahmud Sharudi. On 2 January, intelligence minister Ali Yunessi denounced what he called the undeclared war being waged through Internet websites that he said were putting out rumours and disinformation about all the regime's officials and organisations. After the closure of a dozen newspapers in 2000, the reformists set up websites such as emrooz.org, rouydad.com and alliran.net which put out uncensored news. The regime's conservatives set up propaganda sites, such as daricheh.org, jebhe.com and bionvan.com, to preach a hard line. The coming to power in 1997 of reformist President Mohammad Khatami raised hopes among Internet users in Iran, where service providers (ISPs) and cybercafés have sprung up everywhere (about 1,500 in the capital alone) despite censorship of their activities. Privately-owned ISPs must get permission to operate from the ministries of intelligence and Islamic guidance and use filters on website viewing and e-mail messages. About 400 cybercafés were shut down in Teheran in May 2001. Some have since reopened, but in November that year, the Supreme Council of the Cultural Revolution, chaired by President Khatami but dominated by hardliners, ordered all privately-owned ISPs to close or put themselves under government control. ------------------------------------------------------------------------------ 6 décembre 2002 IRAN Les durs du régime renforcent leur contrôle sur Internet Début janvier, une commission dominée par les conservateurs a été créée pour contrôler les sites d'informations jugés "illégaux". Reporters sans frontières s'inquiète de la création de cette nouvelle instance et tout particulièrement du fait que certains de ses membres appartiennent au ministère des Renseignements. Depuis plus de deux ans maintenant, les durs du régime n'apprécient pas l'esprit de liberté insufflé par le Réseau et tentent de l'encadrer. Nul doute que la création de cette commission a pour but de sanctionner les sites d'informations, en plein essor depuis la fermeture des journaux, qui font preuve d'une réelle liberté de ton. Au moins 90 journaux, dont la moitié sont des quotidiens, ont, en effet, été suspendus depuis avril 2000. Cette commission qui regroupe des représentants des ministères de la Culture et des Renseignements, ainsi que de la Radio et Télévision d'Etat, doit fournir la liste des sites "illégaux" au ministère des Postes et Télécommunication. Cette décision a été prise lors d'une réunion du Haut Conseil de la révolution culturelle présidée par le tout puissant chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Mahmoud Sharoudi. Le 2 janvier, Ali Younessi, ministre des Renseignements, avait dénoncé "la guerre larvée" menée à travers les sites Internet qui "diffusent des rumeurs et de la désinformation sur tous les responsables et les organes du pouvoir". Suite à la fermeture de dizaines de journaux en 2000, les réformateurs ont créé des sites comme Emrooz.org, Rouydad.com ou Alliran.net qui offrent l'avantage de fournir une information plus libre. De leur côté, les conservateurs ont utilisé la Toile à des fins de propagande. Ainsi, des sites d'informations comme Daricheh.org, Jebhe.com ou encore Bionvan.com véhiculent les idées des durs du régime. L'arrivée au pouvoir, en 1997, du président réformateur Mohammad Khatami avait fait souffler un vent d'espoir sur la Toile nationale, qui s'était développée dès 1994. S i la croissance du nombre de fournisseurs d'accès, d'internautes et de cybercafés (environ 1 500 dans la seule capitale) est indéniable, la censure n'a pas été abolie. Les fournisseurs d'accès privés doivent, pour exercer leurs activités, obtenir un agrément des ministères des Renseignements et de l'Orientation islamique. Ils disposent, par ailleurs, d'un système de filtrage des sites et des courriers électroniques. En mai 2001, quatre cents d'entre eux avaient été fermés à Téhéran. Depuis, une partie a rouvert. En novembre 2001, le Haut Conseil de la révolution culturelle, dirigé par le président Mohammad Khatami mais dominé par les conservateurs, a décrété que toutes les sociétés privées offrant un accès à Internet devaient démanteler leurs installations ou transférer leur matériel vers le secteur public. Ce décret est entré en application en fin d'année. Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org) Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk Reporters sans frontières / Reporters Without Borders 5, rue Geoffroy-Marie 75009 Paris - FRANCE Tél. (33) 1 44 83 84 84 Fax. (33) 1 45 23 11 51