24 October 2002 (la version française suit) IRAN - Reporters Without Borders (http://www.rsf.fr/) Pressure mounts on journalists as EU denounces human rights violations Reporters Without Borders protested today against the sentencing of journalist Hassan Yussefi Eshkevari to seven years in prison and called on the European Union (EU) to step up pressure on the Iranian regime to respect human rights, stop hounding journalists and give news about those it had jailed. "The press freedom situation in Iran gets more disturbing every day," said Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard, who noted that 10 journalists were currently imprisoned in Iran serving sentences of between three and 11 years. Iran is the Middle East's worst offender for jailing journalists. A meeting of EU foreign ministers expressed their concern on 21 October at Iran's violations of human rights, freedom of expression and the rights of minorities and women. Eshkevari was told on 12 October, after being summoned from prison by the religious court in Teheran, to be told he had been sentenced to seven years imprisonment. This included four years for saying that wearing the Islamic veil and other female dress codes were rooted in Iran's culture and history and were not necessary in Islam, one year for taking part in an international conference in Berlin in 2000 about political and social reform in Iran and two years for "putting out false news." Eshkevari, a theologian and contributor to the monthly Iran-é-Farda, was jailed on 5 August 2000 in Teheran's Evin prison. He was tried in secret by the special religious court in October that year, but the verdict had not been disclosed until now. The editor of the weekly Jamee-é-No, Fatemeh Kamali Ahmad Sarahi, wife of journalist Emadoldin Baghi (who has been in jail since May 2000), was interrogated on 21 October by the press court along with Ezatollah Sahabi, Iran-é-Farda's managing editor. The same day, Reza Alijani, editor of Iran-é-Farda and winner of last year's Reporters Without Borders - Fondation de France Prize, was summoned by the Teheran revolutionary court for the first time since his release on bail last 16 December. He had been arrested on 24 February last year. His trial is still going on. In recent weeks, Payam Afzalinejad, of Cinema-Jahan, has been summoned by Adareh Amaken, an organisation close to the intelligence services, and Mansour Bozorgian of Golestan-é-Iran has been interrogated by the press court. Meanwhile, the family of 71-year-old journalist Siamak Pourzand, jailed for "spying and undermining state security" and "having links with monarchists and counter-revolutionaries, " has had no news of him for several months. He was seized by security police on 29 November last year and on 3 May this year given an 11-year prison sentence, which was confirmed on appeal in early July. He was initially held in a secret place for four months without access to a lawyer or a doctor. Pourzand was head of Teheran's artistic and cultural centre and also a cultural commentator for several reformist newspapers that have since been shut down. He was also frequently heard on foreign radio stations. 24 octobre 2002 IRAN Alors que l'Union européenne se penche sur les droits de l'homme en Iran, les pressions sur les journalistes se poursuivent Reporters sans frontières proteste contre la condamnation de Hassan Youssefi Echkevari à sept ans de prison. Alors que l'Union européenne s'est récemment inquiétée des restrictions à la liberté d'expression en Iran, l'organisation dénonce également les récentes convocations de journalistes par la justice et s'inquiète de la situation de Siamak Pourzand dont la famille est sans nouvelles depuis des mois. " La situation de la liberté de la presse est, plus que jamais, préoccupante en Iran. Nous ne pouvons qu'engager l'Union européenne à exercer davantage de pressions sur le régime de Téhéran ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui a rappelé que dix journalistes sont incarcérés dans ce pays pour des peines allant de trois à onze ans. L'Iran est aujourd'hui la plus grande prison du Moyen-Orient pour les journalistes. Le 12 octobre 2002, lors d'une convocation par le tribunal du clergé, Hassan Youssefi Echkevari, a été informé qu'il avait été condamné à sept ans de prison : quatre ans pour avoir déclaré que le port du voile et le code vestimentaire pour les femmes avaient des origines culturelles et historiques en Iran et que ce n'était pas une nécessité pour l'islam ; un an pour sa participation à la Conférence de Berlin, en 2000, sur le thème des réformes politiques et sociales en Iran ; et deux ans pour " propagation de fausses informations ". Ce théologien et collaborateur du mensuel Iran-é-Farda, avait été incarcéré, le 5 août 2000, à la prison d'Evine, à Téhéran. Son procès s'était tenu à huis clos devant le tribunal spécial du clergé en octobre 2000. Depuis, le verdict n'avait pas été rendu public. Le 21 octobre, Fatemeh Kamali Ahmad Sarahi, directrice de l'hebdomadaire Jamee-e-No et épouse du journaliste Emadoldin Baghi (emprisonné depuis mai 2000), a été interrogée par le tribunal de la presse ainsi que Ezatollah Sahabi, directeur du journal Iran-é-Farda. Le même jour, Reza Alijani, rédacteur en chef du mensuel Iran-é-Farda, et lauréat du prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2001, a été convoqué par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. C'est la première fois qu'il est entendu depuis sa libération sous caution le 16 décembre 2001. Il avait été arrêté par des agents de la sécurité le 24 février 2001. Son procès est toujours en cours. Les semaines passées, Payam Afzalinejad de Cinema-Jahan, avait été convoqué par l'organisation Adareh Amaken, proche des services de renseignement iraniens et Mansour Bozorgian, de Golestan-e-Iran, par le tribunal de la presse. Enfin, depuis plusieurs mois, la famille du journaliste Siamak Pourzand est sans nouvelles de lui. Agé de soixante et onze ans, il est accusé d'"espionnage et d'action contre la sécurité de l'Etat" et "liens avec des monarchistes et des contre-révolutionnaires". Après avoir été enlevé le 29 novembre 2001 par les forces de sécurité, il a été condamné, le 3 mai 2002, à onze ans de prison. Cette peine a été confirmée, en appel, début juillet. Durant les quatre premiers mois de sa détention, dont le lieu était demeuré secret, l'intellectuel et journaliste n'avait pu avoir accès ni à un avocat ni à des soins médicaux. A la tête du centre artistique et culturel de Téhéran, il a également travaillé comme chroniqueur culturel pour plusieurs journaux réformistes qui sont actuellement tous fermés. Il est également connu pour ses nombreuses interventions sur les radios étrangères. -- Virginie Locussol (norddelafrique@rsf.org / northernafrica@rsf.org / iran@rsf.org) Bureau Nord de l'Afrique - Iran / Northern Africa - Iran desk Reporters sans frontières / Reporters Without Borders 5, rue Geoffroy-Marie 75009 Paris - FRANCE Tél. (33) 1 44 83 84 84 Fax. (33) 1 45 23 11 51